Après vingt ans à dessiner les projets des autres, j'ai voulu savoir ce que ça ferait de mener un projet jusqu'au bout, seul, sans personne à qui rendre de comptes.

Le métier qu'on choisit, le projet qu'on n'ose jamais faire

Ça fait vingt ans que je fais ce métier. Vingt ans à imaginer des identités visuelles, des sites, des interfaces, pour des cabinets, des écoles, des entreprises. Vingt ans à mettre mon énergie et mes idées au service de projets qui, à la fin, ne m'appartiennent pas. C'est le principe même du métier, et je ne m'en plains pas : j'aime porter les projets des autres. Mais quelque part, il y a toujours eu cette idée qui traînait en arrière-plan, jamais vraiment formulée : et si, pour une fois, je faisais quelque chose rien que pour moi ?

Des idées, j'en ai eu plein. Des concepts griffonnés sur un carnet, des noms de domaine réservés puis oubliés, des maquettes commencées un dimanche soir et jamais rouvertes. Rien de tout ça n'est allé au bout. Toujours les mêmes excuses : pas le temps, pas le bon moment, et surtout, cette petite voix qui dit que ce n'est pas grave si ça n'aboutit pas puisque personne n'attend rien.

Création de concept

Ce qui a changé, ce jour-là

Ontreep n'est pas né d'une meilleure idée que les autres. Il est né d'un agacement suffisamment concret pour que je n'aie plus d'excuse. Un soir de recherche de voyage, cinq onglets ouverts, aucune réponse satisfaisante, et cette question toute bête : pourquoi est-ce que je n'ai jamais pris le temps de faire l'outil qui me manque ? Cette fois, je me suis dit que même si ça ne fonctionnait pas, j'aurais au moins la réponse. Et que rater quelque chose qu'on a essayé vaut toujours mieux que de laisser une idée mourir dans un carnet.

Apprendre en marchant, sans filet

La partie la plus inconfortable n'a pas été la direction artistique ni l'expérience utilisateur, c'est mon terrain depuis toujours. Elle a été technique. Je ne connaissais rien à l'architecture que j'ai utilisée pour construire le site. J'ai commencé par tâtonner, avancer à l'instinct, avant de comprendre que je devais vraiment mettre les mains dans le code pour que ça tienne debout. Ce n'était pas confortable. Mais c'est là que j'ai retrouvé quelque chose que j'avais un peu perdu avec les années : le plaisir de ne pas savoir, et d'apprendre parce qu'il le faut, pas parce qu'une formation me le demande.

Nextjs et json

Je crois que c'est ça, le vrai sujet derrière Ontreep. Pas la destination, mais la méthode : accepter de ne pas être légitime sur un sujet et avancer quand même, quitte à se planter, revenir en arrière, recommencer. On s'améliore en faisant, pas en attendant d'être prêt. Je le dis à mes clients depuis des années sans jamais me l'appliquer complètement à moi-même.

Être à la fois le créateur et le premier utilisateur

Il y a une différence énorme entre concevoir pour un client et concevoir pour soi. Sur un projet client, on peut toujours débattre, argumenter, expliquer un choix. Sur Ontreep, je suis mon propre client, mon propre testeur, mon premier utilisateur. Quand quelque chose ne fonctionne pas, il n'y a personne à convaincre, juste moi, face à un outil que j'ai pourtant conçu et qui, parfois, me fait quand même perdre du temps. Cette absence totale de filtre a été une des expériences les plus formatrices de ma carrière.

Ontreep.fr

Ce que je retiens

Ontreep n'est pas parfait, il est même encore jeune, et il continuera d'évoluer longtemps. Mais il existe, et c'est déjà beaucoup plus que toutes les idées restées à l'état d'idée. Si je devais résumer ce que cette aventure m'a appris en une phrase : on n'a jamais vraiment les compétences avant de se lancer, on les construit en avançant. Et parfois, la seule façon de savoir si une idée tient debout, c'est d'arrêter d'y penser et de la construire.

Le détail du projet, la démarche créative et les choix techniques sont à retrouver dans la référence Ontreep de mon portfolio.

Et pour découvrir ce projet qui me tient à cœur, suivez ce lien : www.ontreep.fr